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Affronter le blues de l’hiver

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Chaque automne, à mesure que les jours raccourcissent, certaines personnes voient leur énergie décliner, leur humeur s’assombrir et leur envie de cocooner virer à l’envie de ne plus rien faire. Ce « blues de l’hiver » porte un nom médical, le trouble affectif saisonnier, décrit pour la première fois en 1984. Il toucherait, dans ses formes les plus marquées, 1 à 3 % de la population, et bien davantage sous des formes plus légères. Comprendre ce qui se joue et connaître les leviers qui aident permet de traverser la saison sombre avec plus de douceur.

Pourquoi l’hiver pèse sur le moral

Le coupable principal est le manque de lumière. En hiver, la diminution de la durée du jour perturbe l’horloge biologique : l’organisme sécrète davantage de mélatonine, l’hormone du sommeil, et l’activité de la sérotonine, liée à l’humeur, semble diminuer. Le résultat se traduit par une fatigue accrue, une envie de dormir plus longue, une attirance pour les aliments sucrés et une baisse de l’élan général. Ce trouble est plutôt féminin, avec une fréquence environ trois fois plus élevée chez les femmes, et un pic entre 30 et 35 ans.

Il est important de distinguer ce blues saisonnier, qui s’atténue au printemps, d’une dépression plus profonde et durable. Le caractère cyclique, rythmé par les saisons, est la signature du trouble affectif saisonnier. Mais la frontière n’est pas toujours nette, ce qui justifie d’être attentive à l’intensité des symptômes.

affronter le blues de l'hiver
S’exposer à la lumière du jour, surtout le matin, aide à contrer le coup de mou hivernal.

Des leviers pour retrouver de l’énergie

Puisque la lumière est en cause, c’est sur elle qu’agissent les principales pistes.

  • Chercher la lumière du jour : sortir le matin, s’installer près des fenêtres, profiter de chaque éclaircie.
  • Bouger régulièrement : l’activité physique soutient l’humeur et l’énergie, même par temps gris.
  • Maintenir un rythme stable : des horaires de sommeil réguliers limitent le dérèglement de l’horloge interne.
  • Garder du lien et des plaisirs : préserver une vie sociale et des activités qui réjouissent.

La luminothérapie est l’approche la plus documentée. Elle consiste à s’exposer chaque matin à une lumière blanche intense pendant une trentaine de minutes, afin de resynchroniser les rythmes biologiques. Plusieurs études lui reconnaissent une bonne efficacité sur la dépression saisonnière. Elle se pratique idéalement avec des dispositifs adaptés et un avis professionnel, notamment pour fixer la durée et l’intensité.

Reconnaître les signes et savoir réagir

Symptôme saisonnierCe qui aide au quotidien
Fatigue, envie de dormirLumière du matin, rythme régulier
Humeur en berneActivité physique, lien social
Envie de sucreRepas équilibrés, en-cas raisonnés
Repli sur soiMaintenir des projets et des sorties

Cultiver un regard plus clément sur cette période, sans se reprocher son manque d’entrain, fait aussi partie de la réponse. Nos pistes pour cultiver la pensée positive peuvent aider à traverser ces semaines sans se laisser happer par la morosité, tandis qu’apprendre à se reposer vraiment permet d’honorer le besoin accru de récupération propre à l’hiver.

Quand consulter

Si la baisse de moral devient intense, dure au-delà de quelques semaines, perturbe le quotidien ou s’accompagne d’idées noires, il ne faut pas attendre le printemps. Ces informations ne remplacent pas un avis médical : un médecin ou un psychiatre peuvent poser un diagnostic et proposer un accompagnement adapté, de la luminothérapie encadrée à un suivi plus complet. Affronter le blues de l’hiver fait partie d’une vigilance plus large pour prendre soin de sa santé mentale tout au long de l’année.