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Arrêter de procrastiner : causes et solutions

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arrêter de procrastiner

Reporter au lendemain une tâche que l’on pourrait faire aujourd’hui : presque tout le monde le fait à l’occasion, mais pour certaines personnes cela devient un réflexe qui pèse sur le quotidien. On a longtemps réduit la procrastination à un manque de volonté ou à de la paresse. La recherche en psychologie raconte une autre histoire, plus utile pour s’en sortir : remettre à plus tard est avant tout une manière, maladroite, de gérer des émotions désagréables.

Procrastiner n’est pas être paresseux

Les travaux des chercheurs Fuschia Sirois et Timothy Pychyl ont déplacé le regard : la procrastination relève moins de la gestion du temps que de la régulation des émotions. Face à une tâche perçue comme ennuyeuse, anxiogène ou difficile, l’esprit cherche un soulagement immédiat en l’évitant. Le problème, c’est que ce soulagement est de courte durée : la tâche reste à faire, et la culpabilité s’ajoute à l’inconfort de départ.

On estime qu’environ une personne adulte sur cinq procrastine de façon chronique, et la part grimpe nettement chez les étudiants, soumis à de nombreuses échéances. Comprendre ce mécanisme change tout : le levier n’est pas de « se forcer » davantage, mais d’apprivoiser l’émotion qui pousse à fuir.

Ce qui se cache derrière le report

Identifier le frein réel aide à choisir la bonne réponse. Quelques déclencheurs reviennent souvent :

  • La peur de mal faire : le perfectionnisme transforme la moindre tâche en enjeu, et l’on préfère ne pas commencer plutôt que risquer un résultat imparfait.
  • L’ampleur de la tâche : un projet flou ou trop vaste paralyse, car le cerveau ne sait pas par où l’attraper.
  • Le manque de sens immédiat : une tâche dont la récompense est lointaine motive moins qu’une distraction qui gratifie tout de suite.
  • La fatigue et le trop-plein : quand l’énergie mentale manque, la capacité à se mettre en route s’effondre.
arrêter de procrastiner
Découper une tâche en petites étapes la rend plus facile à amorcer.

Des stratégies qui fonctionnent

Puisque la difficulté est surtout d’amorcer, l’enjeu est de réduire le coût émotionnel du démarrage. La règle des deux minutes est un bon point de départ : s’engager à ne faire que deux minutes de la tâche. Le plus souvent, une fois lancé, on continue, car c’est l’entrée dans l’action qui coûte le plus.

Découper un gros projet en sous-étapes concrètes lève la sensation d’écrasement : « rédiger le rapport » devient « ouvrir le document et écrire le titre ». La technique Pomodoro, qui alterne des séquences de travail minutées et de courtes pauses, aide aussi à rester concentré sans s’épuiser. Enfin, s’accorder de la bienveillance plutôt que se flageller fait une vraie différence : les personnes qui se pardonnent un report procrastinent moins la fois suivante, car elles n’ajoutent pas une couche de culpabilité à l’évitement.

Réduire les sollicitations extérieures compte tout autant. Mettre le téléphone hors de portée le temps d’une session limite les échappatoires faciles : c’est tout l’intérêt d’une détox digitale appliquée à vos plages de travail. Et lorsque la procrastination s’enracine dans la peur de ne pas être à la hauteur, c’est souvent le syndrome de l’imposteur qu’il faut regarder en face.

Quand s’en préoccuper davantage

Procrastiner de temps en temps est parfaitement humain. Mais quand le report devient systématique, génère une réelle souffrance, abîme la vie professionnelle ou s’accompagne d’une grande anxiété, il peut être utile d’en parler à un professionnel. Une thérapie comportementale et cognitive aide alors à repérer les schémas de pensée en cause et à reprendre la main, étape par étape.

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