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Les bienfaits de la respiration abdominale

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Observez un nourrisson qui dort : son ventre se soulève et s’abaisse tranquillement, ses épaules ne bougent pas. C’est ainsi que nous respirions toutes, avant que le stress, les vêtements serrés, la position assise et l’injonction à « rentrer le ventre » ne nous fassent remonter le souffle vers le haut du thorax. Les bienfaits de la respiration abdominale tiennent avant tout à ce retour à une mécanique naturelle. C’est gratuit, cela ne demande aucun matériel, et cela peut se faire n’importe où, sans que personne ne s’en aperçoive.

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La respiration abdominale mobilise le diaphragme plutôt que le haut du thorax.

Comment ça marche dans le corps

La respiration abdominale, ou diaphragmatique, mobilise le diaphragme, ce grand muscle en forme de coupole situé sous les poumons. À l’inspiration, il descend, ce qui pousse les viscères vers le bas et fait naturellement gonfler le ventre. À l’expiration, il remonte, et l’abdomen se creuse. Les épaules, elles, restent immobiles.

L’intérêt de ce mouvement ne s’arrête pas à la mécanique. Le nerf vague, principale voie du système nerveux parasympathique (celui qui freine, apaise et met le corps en mode récupération), traverse le diaphragme. Les mouvements amples et réguliers de ce muscle contribuent à le stimuler, ce qui favorise le ralentissement du rythme cardiaque et un état de détente. À l’inverse, une respiration haute, rapide et saccadée est celle du corps en alerte : elle entretient la sensation de stress au lieu de l’apaiser.

Les effets observés

EffetCe qui se passeQuand le solliciter
Apaisement rapideRalentissement du rythme cardiaque, relâchement musculaireAvant un entretien, après une dispute
Meilleure gestion de l’anxiétéLe corps sort du mode alerte, le mental suitEn cas de montée d’angoisse
Endormissement facilitéRalentissement du souffle et de l’activité mentaleLe soir, au coucher
Réduction des tensionsDétente du diaphragme, de la nuque et des épaulesEn fin de journée de travail
Meilleure concentrationLe retour à la sensation coupe la ruminationAvant une tâche exigeante
Les effets se renforcent avec la régularité de la pratique, pas avec l’intensité d’une séance.

Ces bénéfices sont réels mais mesurés : la respiration abdominale n’est pas un traitement. Elle ne soigne ni un trouble anxieux caractérisé, ni une dépression, ni une pathologie respiratoire. Elle constitue un outil de régulation, précieux et immédiatement disponible, à utiliser en complément d’un suivi lorsque celui-ci est nécessaire.

L’exercice de base, pas à pas

  • Installez-vous. Assise sur une chaise, les pieds à plat, le dos droit sans raideur. Ou allongée, genoux fléchis.
  • Posez une main sur le ventre, une sur la poitrine. C’est le repère : la main du bas doit bouger, celle du haut presque pas.
  • Inspirez par le nez pendant environ quatre secondes, en laissant le ventre se gonfler sans forcer.
  • Expirez lentement, par la bouche ou le nez, sur six secondes environ, en laissant le ventre revenir.
  • Répétez pendant cinq minutes, sans chercher la performance. Si la tête tourne, ralentissez et respirez moins profondément.

Le point clé est la durée de l’expiration : c’est elle qui déclenche l’apaisement. Beaucoup de personnes se concentrent sur l’inspiration, gonflent la poitrine et ressortent de l’exercice plus tendues qu’avant. Soufflez longuement, comme si vous vidiez un ballon, et laissez l’air revenir de lui-même.

La cohérence cardiaque, une variante cadencée

Vous croiserez souvent le terme de cohérence cardiaque. Il désigne une respiration régulière à environ six cycles par minute : cinq secondes d’inspiration, cinq secondes d’expiration, généralement pendant cinq minutes. Le principe est le même que celui de la respiration abdominale, avec un rythme précis et souvent guidé par une application ou une animation visuelle. Cette structure convient bien à celles qui ont besoin d’un cadre pour tenir la pratique dans la durée.

Une brique de nombreuses approches

La respiration ventrale n’appartient à personne. On la retrouve dans le yoga, dans la préparation à l’accouchement, dans la préparation mentale des sportifs et au cœur de la méthode de relaxation dynamique créée par Alfonso Caycedo. Elle se combine très bien avec une courte séance d’imagerie mentale : le souffle installe le calme, l’image donne une direction. C’est précisément sa banalité qui fait sa force : elle est compatible avec tout.

Un signal à ne pas ignorer

Une mise en garde s’impose. Si vous avez besoin de respirer profondément plusieurs fois par jour pour tenir debout, si l’oppression revient dès que vous cessez l’exercice, si l’épuisement ne cède plus au repos du week-end, alors la respiration ne suffira pas. Ces manifestations peuvent accompagner un état d’épuisement professionnel qui nécessite un avis médical. Un outil d’apaisement ne doit jamais servir à supporter l’insupportable.

Utilisée à sa juste place, en revanche, la respiration abdominale est l’un des gestes de bien-être les plus accessibles qui soient. Trois minutes dans les transports, cinq minutes avant de dormir, quelques cycles avant d’entrer en réunion. Rien de spectaculaire, aucune promesse extraordinaire. Simplement la possibilité, plusieurs fois par jour, de reprendre la main sur votre état intérieur au lieu de le subir. Et ce pouvoir-là, personne ne peut vous le retirer.

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